vendredi 20 février 2009
LE COIN DU CORDEL Á LA FAC
mardi 17 février 2009
JOÃO PESSOA
La route est franchement dégueulasse, défoncée, pleine de trous entre Recife et Goiana, aprés quand on passe dans l'état voisin ça s'arrange, changemENt aussi de paysage, c'est plus vert, je me prends à espérer qu'il y fait moins chaud, tu parles!
A la rodoviaria, un +, il y a un poste d'informations touristiques mais pas de plan de la ville . Par contre , tous les monuments dans le quartier historique sont indiqués et ils ont fait un parcours pour le piéton, que je vais faire en plusieurs fois, en commençant par l'église et ensemble des Carmélites puis l'église São Francisco et son esplanade au commencement de laquelle est érigée une croix sur un socle, la pierre est noircie par le temps et je trouve que cette empreinte du temps lui donne un impact visuel qu'il faut conserver. Le parcours dans la ville passe bien sûr par la place où trône la statue de João Pessoa. La ville qui s'est appelée d'abord Vila de Felipeia de Nossa senhora das Neves (on se demande bien pourquoi, ils n'ont jamais du voir de neige dans le coin) a été rebaptisée João Pessoa, en hommage au gouverneur du Paraíba qui se présenta aux élections présidentielles de 1929 faisant binôme avec Getulio Vargas, ils furent vaincus et Pessoa assassiné en juillet 1930, ce qui déclencha la révolution de 1930 menée par Getúlio Vargas qui prit le pouvoir en novembre de la même année. La ville n'a pas la densité ni la taille d'ailleurs de Recife où tout le monde vante sa tranquillité mais ici les gens commencent à se plaindre aussi de violences et de vols et le premier soir où je suis là, à la sortie d'un supermarché, des clients entourent un jeune mec qui vient de se faire faucher son portable et est encore sous le coup.
CORDEL EM FOLIA
Pour la partie récital, chacun va venir déclamer, déguisé ou peu c'est José Honório qui inaugure avec son ''galo da madrugada" (coq de l'aube) qui lance le carnaval aussi.
Mais le clou de la journée aujourd'hui c'est le concours de fantasías déguisements inspirés par un plusieurs cordels. moi je me suis monté un déguisement de dernière minute avec une jupe frangée et des cordels en bandoulière façon cangaceira mais juste pour me joindre à eux et sans l'intention de participer au concours. Ils insistent pour que je le fasse, pourquoi pas! Mais j'ai une montée d'adrénaline quand je me rends compte que cela implique de présenter sa tenue en dansant le frevo, la danse endiablée du carnaval de Recife, mais avec des pas, des sauts et des cabrioles. c'est Isabel qui inaugure le défile avec justement un déguisement de frevo et elle fait sa présentation à merveille à me filer des complexes et un trac monumental, les autres ont théatralisé leur présentation mais moi prise de court, je ne peux que me lancer quand l'orchestre démarre sur mon tour , heureusement Meca Moreno , le cordeliste qui est au micro m'encourage, c'est parti a improviser des pas sur le rythme et le pire dans le frevo c'est qu'il y a de mini pauses, ça s'arrête 10 secondes, on croit que c'est fini et ça repart de plus belle, le jury est assis en ligne au pied de la scéne. Ça y est , c'est fini j'ai présenté "havaiana perdida no cordel do cangaço"et surprise! je gagne le troisième prix, on me remet une enveloppe contenant 40 reáis et tout le monde vient me féliciter pour ma prestation sans savoir danser le frevo. une petit nana d'une radio locale vient m'interviewer, c'est la gloire. Place aux gens qui veulent danser le frevo et le savent. J'ai une semaine pour apprendre quelques pas avec Carmen avant le carnaval.
lundi 16 février 2009
LAR SEM FRONTEIRAS (2)
C'est un travail sur deux fronts, d'abord au centre et puis ensuite auprés des familles, des jeunes, et surtout des femmes qu'il faut réconcilier avec l´école et les formations, leur montrer qu'elles sont capables de créer, insinuer qu'elles ne sont pas obligées de pondre des gosses á la queue leu leu mais dans leur conception de la vie, elles se mettent á la colle avec un mec, elles tombent enceintes et si le mec se barre, elles se débrouillent et puis vient le suivant avec qui elles voudront avoir un gosse aussi.
Il y a quelque temps, une des méres s'est vu embobinée dans une histoire de trafic, ça a mal tourné, son petit ami s'est fait descendre et elle a laissé son gamin á la grand-mére et a fui pour sauver sa peau, seulemnt voilá elle vient de rentrer comme si l'affaire était enterrée , tout le monde lui conseille de redisparaitre de la circulation pour ne pas mettre en danger la vie des siens, loi des favelas!
Cristina fait une réunion une fois par mois avec les parents pour faire le point, parler de la siutuation de la créche et des problémes, de choses éducatives aussi et quand arrive le moment de l'année de s'inscrire pour le Projeto Projovens (faire retourner á l'école les jeunes qui ont arrété trés tot et leur offrir une formation) elle insiste lourdement auprés d'eux et des familles. L'année derniére, elles ont organisé un atelier de peinture sur tissu pour les femmes et ont fait des sacs, elle m'en offre un au passage, elles ont gagné á leur cause une mére qui vient leur donner un coup de main á l'occasion et dont le mari bricoleur fait les réparations dans le centre. C'est l'heure de la sortie, la porte du centre a une grille que l'on ouvre et ferme avec chaque mére, aujourd'hui en prime elles emportent des petits sachets pour faire des flans parfum fruits car ils vont bientot etre périmés et Cristina explique patiemment á chacune comment procéder, les derniers á partir seront les petits jumeaux dont l'un est un vrai diable. On passe a travers les rues de la favela pour aller prendre le bus , tout le monde la salue.
dimanche 15 février 2009
LAR SEM FRONTEIRAS
A Recife, ils ont construit un centre Lar sem fronteiras à Varzeá, quartier de la zone nord de la ville, qui accueille 40 enfants. Ça n'a pas été une mince affaire que d'arriver jusque là, ça fait deux mois que j'ai pris contat avec Marcos pour y aller et fêtes et vacances aidant , toujours pas de rencard possible, on finit par se donner rendez-vous vendredi matin et à 8h il me prévient qu'il y a un imprévu et doit partir à João Pessoa mais propose de me laisser à la porte du centre, c'est mieux que rien, lá la responsable n'est pas là mais Olga va me me faire voir les installations et m'expliquer comment ils fonctionnent, elle y travaille depuis 2004 quand le centre a commencé á fonctionner dans les locaux construits et au départ elle y est rentrée pour faire du soutien scolaire car bien des gosses de 8-9 ans ne savent pas lire mais actuellement ils n'offrent plus de soutien car ils ont donné priorité aux petits de 3 à 6 ans.
samedi 14 février 2009
UNE CORDELISTE: ISABEL MAIA
Em 2005, morreu o seu irmão poeta sem acabar "A viagem do ciclista" , pouco tempo depois leio Isabel de novo o poema e pensou que seria bom terminar, seu outro irmão que trabalha com bicicletas lhe deu ajuda para os detalhes mais técnicos e ela começou a fazer versos "Quanto mais escrevia, mais gostava de escrever e achava bom o que fazia." e o fim do cordel do irmão foi o começo da sua produção poética .
O seu cordel "A viagem de Manezinho" fala de um homem muito tímido que não conseguia arranjar namorada, o pai mandou ele pra casa das primas que o receberam como um rei. Ele aproveita, de comer tanto durante a noite precisa ir pra banheiro, não sabe onde é , deixa o côco num lençol e foge cedo.
Aguentou Isabel muitos anos a relação do marido com outra mulher e me explica que os únicos motivos de briga entre eles era por causa disso, ele prometia que deixaria a outra e ia de novo pouco tempo depois, ela resolveu se separar mas se juntaram de novo mas quando ele voltou com a outra , a ruptura foi definitiva e a relação inspirou Isabel para escrever "O triangulo amoroso".
O cordel mais recente "Paraíba trocador" que Isabel publicou em janeiro vem de unm homem que sempre ia para as e acostumava trocar tudo. Graça a Altair Leal, um cordelista que montou sua propria editora "Pantera cordelaria" em Paulista, perto de Recife, Isabel entrou em contato com os de Unicordel e participa des aquel momento nas atividades do grupo.
LES CANGACEIROS: DURVINHA ET MORENO (3)
vendredi 13 février 2009
BRÈVES DE RECIFE
Récital de cordel sur la plage de Boa Viagem, la mairie a installé toute une aire de jeux, sport et spectacles avec une scène, mercredi à 20h30 c'est le tour des poètes d'Unicordel d'intervenir, José Honório fait une entrée sur scéne des plus cocasses il a des lunettes jaunes qui clignotent un pantalon jaune tout frangé et saute partout en rytme avec la fille qui danse le frevo, des musiciens aussi qui font partie du groupe qui va accompagner Cordel em folia samedi au marché de Boa Vista, chacun vient réciter en y mettant force et conviction mais le micro sature par moment et ça perd du relief pour ne plus sembler que braillard, pour le final ils nous font à plusieurs en avant-première le cordel qui a été fait collectivement cette année autour d'un cordeliste classique, José Martins de Althayde et viennent le distribuer aux quelques spectateurs, le tee-shirt qu'ils font chaque année à l'occasion du Carnaval et vendent pour se faire quelques ronds est prêt lui aussi mais ils n'ont apporté que des grandes tailles, pas pour moi, je l'achèterai samedi.
mercredi 11 février 2009
UNE CANGACEIRA: SILA (2)
mardi 10 février 2009
SERRA TALHADA ET LE CANGAÇO
Cleonice passe tout le trajet à raconter et raconter encore, la petite maison où naquit Lampião et qu'ils ont retapée et transformée en musée est celle de la grand-mère, les parents habitaient un peu plus loin, la mère venaient accoucher là et puis repartait chez elle avec le nouveau-né, Lampião fut le seul à rester là après. Elle me fait part aussi d'une histoire que peu de gens connaissent, la mére de Lampião avait une liaison avec une homme marié et elle tomba enceinte, pour elle c'était la fin , l'amant décida alors de proposer sa petite amie à un homme qu'il connaissait et pour le geste, se marier avec elle, il recevait un lopin de terre, ainsi fut fait. Antônio , l'aîné n'était que le demi-frére de Lampião, il devient lui aussi cangaceiro et meurt acidentellement en chahutant avec Luis Pedro, le cangaceiro recruté à Triunfo. Celui -ci prêt à payer de sa vie pour ce coup mortel, raconte tout à Lampião qu'on est allé chercher à 3 lieues de là puis lui tend son arme en disant: "Voilà mon arme, fais de moi ce que tu voudras" , Lampião lui aurait alors répondu : "Tu es courageux, petit. A partir de maintenant, tu vas prendre sa place et désormais mon frére c'est toi".
lundi 9 février 2009
JUAZEIRO DO NORTE (CEARÁ)
dimanche 8 février 2009
LES FEMMES DU MMTR: ANEIDA (4)
LES FEMMES DU MMTR: APARECIDA (3)
LES FEMMES DU MMTR: BENEDITA (2)
LES FEMMES DU MMTR: VANETE (1)
samedi 7 février 2009
SERTÃO DO PAJEU: JOSUÉ, POÈTE ET SYNDICALISTE
lundi 2 février 2009
LES CANGACEIROS: CORISCO ET DADÁ (1)
Corisco avait reçu ce surnom pour sa beauté physique, sa stature et ses longs cheveux blonds. En 1924 il déserte de l'armée et rejoint Lampião mais des divergences font qu'il se sépare et forme sa propre bande. En 26, il enlève Sérgia Ribeira da Silva dite Dadá qui a juste 13 ans même si elle mesure 1m7o pour en faire sa femme et la viole. Dadá va d'abord éprouver une grande haine à son égard pour l'avoir raptée et violée mais Corisco découvre qu'elle n'est encore qu'une gamine et se montre tendre avec elle , il joue avec elle, lui fait des objets pour s'amuser . Puis comme elle est analphabète, il tient à lui apprendre à lire et à écrire, la premiére réaction de Dadá c'est de refuser , Corisco lui aurait alors dit " Celui qui ne sait pas lire ni écrire signe son arrêt de mort", et Dadá accepte alors tout comme elle apprend aussi à compter et elle va s'entraîner au fusil. Elle sera la seule femme du cangaço à être en première ligne des combats. Peu à peu Dadá va éprouver de la sympathie pour Corisco puis un grand amour au point que , des années plus tard, en 1940 quand la brigade volante va les attaquer, on raconte que Dadá aurait cherché à protéger Corisco qui avait la main droite paralysée à la suite d'un combat. Le Diable blond est atteint aux intestins, il survit 10 heures, elle reçoit une balle dans la jambe et elle devra être amputée de la jambe droite presque entière car elle est gangrenée. Ce fait permettra à Cosme de Farias d'obtenir sa libération en 1942. Ils seront des rares cangaceiros qui se marieront officiellement. De leurs 7 enfants cachés chez des parents à eux, 3 seulement survivront.
jeudi 29 janvier 2009
SERTÃO ET CANGAÇO
Ce qui est curieux c'est que le musée du cangaço de Triunfo a été créé par une bonne soeur qui n'avait pas de sympathie particulière pour Lampião mais comme il recruta deux hommes de la ville dans sa bande, elle a tenu à honorer leur mémoire. L'un d'eux, Luis Pedro devint son homme de confiance et mourut dans la même embuscade. Lampião s'installa dans la région , entre Princesa Isabel et Triunfo en 1923-1924 et vint plusieurs fois après à Triunfo où il avait l'appui de 2 coroneis et quelques hommes politiques jusqu'en 1926.
Dans la première salle du musée, ce qui saute aux yeux tout de suite c'est les armes (fusils et poignards dont ceux de Lampião et de Corisco) et les photos sur tout un pan de mur de quelques moments de la vie des cangaceiros. On trouve aussi des gourdes, des besaces, 2 harnais et des chapeaux. La deuxième salle est plus orientée vers les représentations artistiques : xylogravures et tableaux sur Lampião et on y voit aussi l'acte de naissance et celui du baptême de Virgulino Ferreira dit Lampião. dans les autres salles , c'est plus du matériel de l'époque, tourne-disque, machines à écrire, vieilles radios et puis vient une salle avec des statues de saints et la dernière piéce est en fait une salle de classe pour enfants défavorisés.
La femme du musée m'explique qu'à la mairie travaille une femme qui a écrit un livre et fait des recherches sur le cangaço et qu'on peut aussi visiter la Casa Grande das Almas où se réfugiait Lampião. Terezinha, de la pousada, passe un coup de fil pour prévenir que j'y vais. La maison se trouve à la sortie de la ville, à cheval donc entre le Pernambouc et le Paraíba et appartient à un juge qui a tenu à respecter l'architecture et la structure, il l'a fait restaurer et l'a aménagée. C'est Paulo, le gardien de la maison qui me raconte tout ça, le juge travaille à 50 km de là et ne vient que le week-end. "Il arrive, il change de tenue, c'est un homme tout simple, on le voit là, on ne dirait pas qu'il est juge, j'ai presque l'air mieux habillé que lui" me dit Paulo en me montrant l'endroit de la maison où passe la frontiére, c'est dans la salle à manger mais il se montre sceptique sur cette histoire de refuge de Lampião même si comme tant d'autres ici il le considére comme un héros, courageux possédant le sens de l'honneur et de la justice.
Paulo en profite pour me montrer toute la propriété, de la cave au grenier en passant par la cuisine, dans une maisonnette à côté de la maison et puis les terres et le puits qu'on est en train de creuser, pas de probléme pour le temps qu'il me consacre il est disponible et il rend grâce au ciel de lui avoir donné ce travail, il bosse là depuis 20 ans, il avait commencé à travailler aux champs mais n'aspirait qu'à une chose , trouver un boulot moins tuant et moins ingrat que ça et il a été exaucé, dixit Paulo. Il me raconte aussi qu'il n'a pas d'enfant car il a passé sa jeunesse à courir les filles et aprés trop tard pour le mariage mais il a une bonne amie et ça lui va bien comme ça et comme la soeur du juge qui habite là aussi a pris en charge l'éducation du neveu de Paulo, il ne se sent pas tout seul. Sa dernière confidence c'est pour le football, son équipe favorite c'est l'argentine sans qu'il ait la sensation de trahir le sport brésilien.
J'ai fait une rando avec l'idée d'arriver au Grito, endroit qui servait de repaire aux cangaceiros, bien loin des habitations mais vu la chaleur et le dilemne à une croisée de chemins , je ne suis pas allée jusqu'au bout.
Le sertão impossible de l'oublier dans l'endroit où je suis pour faire ce blog, sur la terrasse de la pousada, à la tombée de la nuit, des centaines d'insectes qui volent bas, des moustiques qui me bouffent les jambes et de temps en temps une grenouille sauteuse, hier j'ai trouvé aussi devant la porte de ma chambre un gros crapaud noir avec des taches blanches sur le dos mais il n'a pas voulu rester pour la photo.
UN PETIT COUP DE CACHAÇA
Faut dire ausi que le proprio de la pousada où je suis a des terres, juste derrière le parc de l'auberge, et sur ces terres un engenho où l'on fabrique la cachaça, occasion d'une balade, une jeune femme nous emmène visiter les lieux, d'abord la presse dans la cour où est essorée la canne à sucre après trempage puis les différentes salles pour chaque étape, fermentation, maturation, distillation en alambic et pour finir deux ans de vieillissement en fûts. Une partie de la salle de l'alambic est réservée à la rapadura (confiserie hypersucrée) et à la mélasse obtenue de la canne.
Selon le prospectus placardé au mur de la salle de vente, la cachaça est considérée comme écologiquement correcte, on utilise le coração du produit distillé ce qui préserve son caractére singulier , et son arôme et son goût sont accentués par la culture en altitude avec une grande amplitude thermique allant de 10° en hiver à 26° en été, ce qui donne une maturation excellente pour le produit . Ils ont fait la feria alimentaria de Barcelona il y a deux ans. On peut évidemment la goûter à la plantation comme à l'auberge où le petit tonnelet avec petits godets en plastique trône sur le comptoir qui sépare la cuisine de la salle à manger. Elle est coriace, très parfumée, je pense que je vais en rapporter une bouteille.
On discute un peu avec la fille, elle travaille là depuis 9 ans, en général plutôt dans le secteur fabrication de la confiserie mais il peut y avoir des roulements, les patrons emploient en fixe 9 personnes à l'intérieur et 3 dans les plantations mais au moment de la récolte, il y en de 25 à 30 en plus (coupeurs, chauffeurs, ...) Ici tout se recycle et le reste de canne séche sert de combustible pour les différents appareils. Elle habite une ferme à 2 km du centre ville, se lève tous les matins à 5h30 et vient à pied jusqu'ici . De sa ferme , elle tire juste les légumes pour la conso familiale car ils ont peu de terres cultivables, son père autrefois louait des terres pour produire en grande quantité et faire vivre la famille. Elle s'estime heureuse d'avoir ce boulot car il y a des problémes d'emploi dans la région mais ce qui est sûr c'est que la notion de solidarité et d'entraide est ici une réalité et ils arrivent à s'en sortir comme ça.
La cachaça reçoit aussi parfois le nom de pinga . Doù ça vient? Voilà l'histoire en portugais d'abord.
A cachaça surgiu como tudo por acaso. O caldo de cana levado ao forno pelos escravos era mexido para criar o melado. Um día esqueceram de mexer a panela e o produto azedou. O azedo era alcool que evaporava, ia ao teto e pingava, ja era a cachaça formada que "pingava" daí o nome de pinga. Ao pingar do teto nas costas marcadas pelos açoites, "ardia" muito daí o nome de "agua ardente". Ao pingar ao rosto dos escravos, a bebiam e ficavam alegres então passaram á bebê-la sempre que queriam alegra-se. Qualquer que seja o nome, ela caiu no gosto de toda população.
(fonte: museu do homem do Nordeste)
On a découvert la cachaça , un peu comme tout par hasard. Le jus de canne était appporté jusqu'au four par les esclaves pour faire la mélasse. Un jour ils oubliérent de remuer et le produit fermenta, en s'évaporant vers le toit, le jus fermenté gouttait. C'était déjà de la cachaça qui gouttait d'où son nom de "goutte ". Sur le dos des esclaves marqués au fouet, elle brûlait d'où le nom d'"eau de feu" mais si elle gouttait sur leurs visages il la buvaient , ça les rendait gais et ils prirent l'habitude d'en boire chaque fois qu'ils voulaient se sentir bien. Quelque soit le nom qu'on lui donne, la boisson a conquis toute la population. (source: Museu do Homem do Nordeste)
mercredi 28 janvier 2009
TRIUNFO ET ALENTOURS
De la caimba on part pour la furna dos Holandeses , une grotte assez basse, vaste aussi et si on veut s'y aventurer plus profond il faut une lampe de poche, là aussi petit droit d'entrée de 1 R que touche la famille. Ce qu'on nous a réservé pour la fin c'est le pic do Papagaio qu'on atteint cahin-cahin après une plantation de café dont la récolte est vendue à l'extérieur de l'état et pas torréfiée sur place. C'est dans cette zone où l'on n'arrête pas d'entrer et de sortir du Pernambouc et du Paraíba que Barraudo nous parle de la maison à cheval sur les 2 états, a Casa Grande das Almas où Lampião avait des potes , il s'y réfugiait et comme en ce temps-là, la police d'un éta n'avait pas le droit d'intervenir dans un autre, c'était tout simple: en fonction de la police qui le pourchassait, Lampião se mettait hors d'atteinte en passant d'un côté ou de l'autre de la maison.
Au pic , on trouve encore un Christ Rédempteur, un de plus, celui-ci miniature, installé sur une roche qui ne repose que par 3 points sur le sol, de l'autre côté, le careta, la statue du personnage de Carnaval ici est deux fois plus imposante, elle s'agrémente d'un fouet , coutume aussi du coin qu'on retrouve pour le carnaval. Au loin on aperçoit la ville de Princesa Isabel dans l'état du Paraiba, le soleil se couche alors qu'on est en train de discuter de paysages du Brésil avec la femme mariée à un allemand et qui a vécu en France.
Au retour je goûte le repas du soir traditionnel, plus que complet et encore je n'ai demandé qu'une demie-ration, soupe, tapioca, jambon , oeufs brouillés, fromage et une grosse part de gâteau avec du café ...au lait si on veut qui vient en direct de la ferme.