jeudi 18 décembre 2008

POETA CRISTOVÃO



POETA CRISTOVÃO




Poeta Cristovão a une petite boutique sur le marché de Caruaru, elle était close le premier jour où je suis passée car qu'il n'y est que le matin de 7 à 9.
Aujourd'hui il est venu avec son petit-fils. C'est un petit monsieur avec la casquette vissée sur le crâne qui parle à sa guise et saute du coq à l'âne, il me raconte pêle-mêle que ses cordels sont connus dans 192 pays, parce qu'il est passé au journal télévisé de la TV Globo, que le cordel est né dans les pays arabes et qu'il a un don pour la poésie.
Il a commencé à écrire à l'âge de 10 ans et il utilise lui aussi le sizain comme type de strophe mais comme il ne sait pas dessiner, il a toujours laissé le dessin de la couverture à d'autres et sur le folheto de la biographie de Lampião, on trouve même une photo.
Il va ensuite m'expliquer que pour lui, la ville la plus vieille du monde c'est Jéricho.
Puis on continue, cette fois, avec un autre romance qu'il a écrit sur les signes qui annoncent la fin du monde " Sinais do fim do mundo" en s'inspirant du Nouveau Testament et qui en est déjà à sa 32º édition. Le moment est à la déclamation, il tient à me faire entendre sa version orale de la fondation de Rome mais pas en entier car il faut absolument qu'il me parle aussi du cordel qu'il a écrit à la mort de Kubitschek, le président brésilien qui a fait de Brasilia la capitale du Brésil. Bref, beaucoup de choses l'intéressent, de la Bible à des aspects plus scientifiques et il fait souvent un travail de recherche et vérifie le bien-fondé des données qu'il utilisera dans ses cordels en écrivant à une banque de données à Rio pour s'informer, ça peut être pour savoir la profondeur de l'océan comme pour savoir quel est le meilleur télescope qui existe. Il tire une grande fierté des écrits qu'il a fait parvenir à l'université comme sujet d'études.
Mais actuellement il n'écrit pas et réédite seulement ses oeuvres. C'est l'heure de fermer boutique, en quelques minutes c'est fait, il prend son petit-fils par la main et s'éloigne entre les échoppes d'artisanat.

mercredi 17 décembre 2008

LE QUILOMBO DE CASTAÍNHO



Je tiens absolument à aller au Quilombo de Castaínho mais c'est pas de la tarte, il est assez éloigné du centre ville , pas de bus et la route est peu fréquentable aux dires de plusieurs personnes pour faire ça à pied, je fais affaire avec un taxi , Leandro.
Mais quilombo kezako? A l'origine, un quilombo c'est une communauté formée par des esclaves noirs qui fuirent les plantations au début du 17º siècle et se réfugièrent dans des endroits inacessibles où ils reproduisirent le système communautaire de leur pays d'Afrique.
Le quilombo de Palmares créé en 1604 dans l'état d'Alagoas est le plus célèbre pour sa résistance car Zumbi un noir rebelle tint tête aux Portugais et aux Hollandais, on finit par lui tendre une embuscade et il fut poignardé et décapité le 20 novembre 1695. Sa tête plantée sur une lance fut exposée sur la place publique à Recife pour ôter à d'autres noirs l'envie de l'imiter. La date de sa mort est devenue le jour de la conscience noire ici et le quilombo, le symbole de la lutte du mouvement noir au Brésil.
On a accédé au quilombo par un chemin de terre qui débouche devant l'église petite et rose, l'habitat est assez dispersé, 206 familles y vivent principalement du manioc et de la production de farine, mais ils font aussi du maïs, des haricots et des légumes verts. Les maisons sont toute simples, éparpillées parfois peintes de couleurs vives et le linge qui séche rajoute encore une note de couleur qui contraste avec la terre marron. Une gamine passe, ramenant deux vaches. On fait halte devant une maison verte , c'est là qu'on fait la farine de manioc, l'activité principale de la commmunauté, avec 3 récoltes par an. La femme qui nous accueille, Céla, va d'abord me faire me montrer la grande piéce ouverte sur la rue, deux femmes assises sur le sol devant des tas de racines de manioc qu'elles pèlent. A elles aussi j'aimerais poser des questions mais l'autre m'entraîne vers les machines, l'une qui râpe, l''autre qui presse pour retirer le liquide et enfin une qui sèche et tamise. Rien ne se perd car avec les pelures, on fait une farine plus grossière qui servira pour les bêtes, les porcs entre autre. A l'extérieur, il y a des grandes cuves où l'on rince la goma (la fécule) une journée entiére puis on la lave. Céla m'affirme maintenant que la production est d'une tonne par jour alors qu'avant elle a parlé de la même quantité par semaine. Mystére!
Jusqu'en 1987, tout se faisait manuellement et puis la communauté a acheté des machines et avec l'appui d'une ONG Djumbay, elle a pu agrandir et moderniser la maison de la farine. Le quilombo participe à un projet de développement durable "Projeto de desenvolvimento sustentável das comunidades quilombolas no Brasil", une affiche est placardé contre le mur du fonds et il a des subventions ce qui permet de continuer à s'équiper. Tout ça, ça me donne envie d'en savoir plus sur l'histoire et le fonctionnement de la communauté. Céla va juste me dire que dans l'autre maison, séparée de la verte par un sorte de passage couvert, une pièce sert de salle de réunion pour l' "associação dos moradores" (les habitants du lieu) et la pièce du devant sert pour l'accueil des enfants le matin (ils n'ont école que l'aprés-midi), ceux qui ne peuvent pas travailler pour une raison ou une autre (physique, santé...), conclusion: les enfants filent un coup de main mais Céla a fait lever bien vite les deux petites filles qui aidaient au manioc quand j'ai sorti mon appareil pour prendre une photo, le travail des enfants étant officiellement interdit au Brésil. On va aller voir les arbres originaires d'Afrique qui leur ont été envoyés en 2001 pour rappeler aux Noirs leurs racines, juste à ce moment-là passe une femme dont Céla me dit qu'elle est descendante directe des esclaves fugitifs. Des 2 arbres le gameleira a poussé de façon spectaculaire et le baobab lui est plutôt rabougri, apparemment il ne se sent pas chez lui.
Petit tour à l'école, toute nouvelle , pas encore terminée, pour l'instant 2 classes de faites et trois niveaux scolaires dont l'un , la 4º a cours le matin, là Carla nous explique que ça représente un total de 82 élèves, dont quelques-uns sont d'Estiva, un quilombo voisin. Dès la rentrée , l'école va pouvoir accueillir une classe de plus petits et une 6º. Salles rustiques, pas de tables, des chaises en bois avec une tablette fixe, ils devraient en recevoir bientôt des nouvelles avec une tablette rabattable (là clin d'oeil à mes collègues , ça vous rappelle qqch, non?). Les instits ne sont pas d'ici, Carla finit sa formation et aimerait avoir un poste ici. A l'heure où on passe, l'école est vide , approche des grandes vacances, à l'exception de 2 filles qui font du rattrapage. Pas d' adultes parmi les élèves, pourtant certains sont analphabètes, c'est en projet...
En ce qui concerne l'histoire du Quilombo , un seul interlocuteur, le mari de Céla, Zé Carlos, également président de la communauté qui n n'est pas là et pas joignable. On se fait la réflexion avec Leandro, le chauffeur de taxi qu'il pourrait transmettre son savoir à d'autres. Mais j'ai pu glaner quelques infos, que l'histoire de Castaínho était liée à celle du quilombo de Palmares car le lieu fut fondé par un groupe de noirs qui réussit à fuir la guerre menée contre Palmares, il y a 300 ans, ils se réfugiérent sur le Monte Magano puis se dispersérent.
Ce qui est assez curieux, c’est qu’il y a eu un glissement de sens et que quilombo a pris une connotation péjorative chez les voisins, un Argentin qui dit “qué quilombo, che!” veut dire “quel bordel, quel foutoir!” comme si le fait historique avait été déformé, que la seule chose qu’on ait voulu transmettre de Palmares, cette expérience échappant au pouvoir dominant et tendant à instaurer un autre fonctionnement, c’était une idée de désordre anarchique, de confusion.

GARANHUNS L'OASIS

J'arrive à Garanhuns lundi en fin d'aprés-midi, à 6 heures du soir il fait 18°, un délice, une petite brise en prime, je respire enfin mais je vais vite déchanter, hier mardi même tôt la température atteint des records de chaleur, heureusement elle tombe en soirée, Garanhuns est à un peu plus de 220 km de Recife, c'est la ville des fleurs, la Suisse du Pernambouc. Elle a 129 ans d'existence, elle est entourée de 7 collines.
JAMAIS DU PREMIER COUP
Hier matin , aprés quelques longueurs dans la piscine du Sesc, la résidence hôtel où je loge, je pars en chasse, c'est pourtant simple je veux un plan de la ville et bien sûr des renseignements sur le cordel. Je commence par la mairie, on m'envoie au premier étage voir un monsieur qui me conseille de redescendre au rez-de-chaussée chercher un dénommé Givaldo pour le plan et pour le reste d'aller jusqu'au Centre Culturel, Givaldo m'explique que son plan de la ville couvre un pan de mur, est en 6 morceaux et donc difficile à réduire, le mieux c'est d'aller à Secretária de Turismo. Tant qu'on y est, je lui demande s'il a idée de l'endroit où je peux trouver un graveur de son oui, j' y atterris mais pas de pot, rupture de stock jusqu'en janvier et je vais en être quitte pour prendre des notes à la main. Au Centre Culturel, en réalité l'ancienne gare avec son esplanade où passait la voie de chemin de fer, un petit jeune, Wagner me montre la bibliothéque avec quelques cordeìs puis téléphone à un cordeliste pour savoir s'il est disponible, l'affaire est faite, rendez-vous pris pour mercredi à 9 heures du matin. Il me reste le plan à trouver , prés de la Rodoviaria (gare routière), m'a-t-on dit, à côté aussi du parc aux eucalyptus, il y a le Centre Administratif, Là Elaiane me donne effectivement un dépliant sur la ville, on discute un bon moment et je repars avec des cadeaux de la maison, un petit bloc-notes, une brochure sur une église sanctuaire, des cartes postales et un folheto de cordel qu'elle me dédicace. J'y ai passé une bonne partie de la matinée mais je vais répéter une fois encore que les gens ici sont tous des gens adorables , prêts à se mettre en 4 pour vous donner un coup de main, ce que j'apprécie le plus du Brésil , c'est les Brésiliens et dans le Nordeste, cette hospitalité , cette disponibilité c'est encore plus flagrant.
Pas de photo aujourd'hui, mon appareil a la batterie à plat mais ça va venir, je les rajouterai.
CHOSES À VOIR
Le dernier jour que je passe ici, je fais la toutou, la touriste. Le Sesc propose , avec arrêt aux endroits les plus emblématiques, un tour de la ville , c'est parti , on commence en fait par en sortir , on va passer sans s'arrêter devant l'ancienne gare devenue centre culturel et juste à côté la place Guadalajara, une grande esplanade qui doit son nom à une victoire du Brésil contre l'Italie dans un match de foot qui se fit dans le stade du même nom au Mexique, peu aprés on passe devant le monastère de São Bento où l'on peut venir écouter tous les jours à 18h des chants grégoriens et on prend le chemin du Monte Magano (1030m) où se réfugièrent les esclaves qui fuirent du Quilombo de Palmares. De là on voit la fazenda de Serra Branca qui fournit l'eau minérale du coin. En 1954, on a planté là un Christ Rédempteur dont l'artiste dit qu'il est plus près du ciel que celui de Rio, car même s'il ne fait pas la taille de l'autre, il est plus haut que lui car sur un mont. Sur ce mont, chaque année à Pâques , on célébre la passion du Christ mais en la faisant débuter à l'origine de tout, à Adam et Eve, cela dure 4 jours et 4 nuits décor naturel. Après ça, on va aller voir le château de João Capão, un électricien qui avait fait une fixation sur les châteaux médiévaux, l´équivalent d'un facteur Cheval ou d'un Piqueassiette de Chartres. Il a mis 20 ans à réaliser son rêve et à le construire de ses propres mains , aujourd'hui c'est sa fille qui y habite et reçoit les visiteurs. Sans commentaire! Le tour continue par l'horloge de fleurs sur le gazon d'un petit parc à proximité de la radio locale mais elle ne marche plus depuis 4 jours. Après ça, on va aller jusqu'au sanctuaire de Mãe Rainha, inauguré en 2004, identique au premier construit par des jeunes séminaristes à Schoenstatt, en Allemagne en 1914 sur l'initiative de leur directeur spirituel qui cherchait un lieu pour se réunir.
Surprise pour la suite, on va aller à Freixeira voir le sanctuaire de Santa Quitéria, fêtée le 7 septembre; cette fois-ci l'origine c'est au Portugal, un couple de portugais apportèrent la statue de la Sainte et il y eut miracle. L'église est peinte en rose, dépouillée de tout mobilier, les murs couverts de photos et d'ex-voto, le plus souvent pieds, mains et membres en bois. Lula est passé par là (il est originaire d'un village proche), a-t-il demandé à la sainte d'être président, allez on parie que oui! autre personnalité venue ici, Elba Ramalho, une chanteuse nordestine très côtée.
La sainte est dans sa niche, derrière une grille, pourquoi?, il ya eu 2 tentatives de vol qui se sont soldées par des échecs car il se produisit, paraît-il, un vacarme qui alerta les habitants. Le village s'est construit autour du sanctuaire. Si vous voulez demander une grâce, il faut passer sous l'autel à croupetons, ressortir et faire le tour 3 fois de suite. C'est compris dans le voeu que s'il s'accomplit, vous reviendrez remercier la sainte en mettant une photo ou un objet, le plus souvent accompagné de la formule agradeço a Santa Quitéria a graça alcançada, (je remercie Ste Quitéria pour l'accomplissement de mon voeu). A l'extérieur, il y a un musée qui montre des peintures de la sainte et ses soeurs, selon la tradition portugaise, le mère de Quitéria, païenne, mit au monde 9 filles d'un coup mais le père étant absent, elle demanda à sa servante d'aller les noyer pour que l'on ne l'accuse pas d'adultére, cette derniére, chrétienne préféra confier les nouvelles-nées à des nourrices, ce qui n'empêchera pas qu'elles finissent toutes leur vie dans le martyr, Quitéria quant à elle sera décapitée. L'excursion se termine en douceur à la fabrique de chocolat de la ville.

lundi 15 décembre 2008

A FEIRA DE CARUARU

Ce qui fait la gloire de la ville, c'est , installée dans le Parc du 18 mai , l'immense aire de marché, a feira de Caruaru qui a d'ailleurs été déclaré en 2007 Patrimonio Cultural Imaterial Brasileiro. L'origine de la foire se confond avec celle de la ville quand, il y a 200 ans, l'endroit servait de halte pour les marchands de bestiaux du sertão allant vendre sur la côte et pour les marchands ambulants venant du littoral et allant vendre à l'intérieur. Selon les jours, le marché connaît une plus ou moins grande affluence , le samedi et le mardi étant les jours forts avec le marché au bétail . Chaque secteur a son coin, artisanat, fruits et légumes, herbes médicinales, habillement et même un espace pour le troc et au milieu de tout ça, on peut entendre parfois des vendeurs de cordel faire leur pub par haut-parleurs ou des repentistas s'affronter dans une joute oratoire, accompagnés à la guitare mais je dois dire que je n'ai pas eu cette chance-là. La feira a été aussi le théme de maints cordeís, théme repris aussi à l'occasion du projet implanté en milieu scolaire.
LE MUSEU DE CORDEL
Il est dans l'enceinte du marché de Caruaru, un peu en retrait du secteur artisanal, c'est le seul du genre qui existe en Amérique du Sud. L'idée vint d'un cordeliste , Olegário Fernandes (1932-2002) qui lutta pour que son projet prenne corps et son rêve se réalisa quand le musée fut inauguré le 21 août 1999. A sa mort, la ville donna son nom au musée, une petit maison en bois toute simple, ouvert á tous, entrée gratuite ses enfants qui tiennent l'échoppe contigüe assurent actuellement la permanence. Petite parenthése , c'est la tendance ici, la famille prend en charge le fonds culturel créé. Au fond de la pièce, sont épinglés des folhetos sur tout le pan de mur, face á l'entrée trône la presse manuelle que O. Fernandes utilisait pour imprimer ses propres cordels, sur les autres murs on trouve des articles de journaux, des photos de plusieurs poétes et cordelistes, quelques affiches. Il commemnce á pleuvoir et on se précipite pour couvrir d'un plastique des livres exposés sur une table juste sous un trou de la toiture. On ne va pas quitter l'endroit sans dire quelques mots sur ce cordeliste.
OLEGÁRIO FERNANDES
Sa première publication "A estória do boi de Minas e as carnes contaminadas" (L'histoire du boeuf du Minas Gerais et les viandes contaminées)va avoir un énorme retentissement , il peut arrêter de travailler ailleurs et réussit à vivre de sa plume. Il imprime ses oeuvres lui-même jusqu'en 1999, année où il commence à confier l'impression á une maison d'édition de Recife, Editora Coqueiro. Il écrira au cours de sa vie plus de 212 cordels dont la meilleure vente sera celle de " O menino de 2 cabeças" (L'enfant à deux têtes). Son dernier lancement sera un cordel sur " A morte do piloto Ayrton Senna", vendu à plus de 8000 exemplaires. Il va être profondément irrité en apprenant le piratage de ses cordels, , que des copies sont vendues à la feria de São Cristovão, à Rio de Janeiro.
Intuition ou hasard, la veille de sa mort il écrit : "J'ai 70 ans, dans cette vie crue et nue, je passe la nuit chez moi et et je passe la journée dans la rue et voilá la mort qui m'invite à aller vivre tous les deux sur la lune."
.Allez, on continue un brin dans le temps puisqu'on y est et je vais vous toucher deux mots sur l'Acadêmia Caruarense de Literatura de Cordel créée le 18 mai 2005 dans le but de faire retrouver aux gens le goût pour la literatura de cordel, le cordeliste étant le représentant des classes populaires qui fournit un instrument de réflexion et des infos sur les thémes les plus divers. LAcadémie compte actuellement 16 membres d'un âge échelonné entre 20 et + de 60 ans, avec es niveaux scolaires diférents. Il ressort d'une étude sur le sujet que 50% d'entre eux sont autonomes c'est-à-dire avec des revenus en rapport direct ou indirect avec le cordel, il y a quelques retraités parmi eux, pour les autres aucun d'entre eux ne touche moins qu'un salaire minimum ou plus que 6 salaires minimum. Un tiers d'entre eux ont été influencés par leur famille.
Des problèmes ui quettent le genre, on évoque surtout la perte de la xylogravure et de la forme du cordel (rime et métrique).




dimanche 14 décembre 2008

A TAPIOCA


A TAPIOCA

c'est une sorte de crêpe épaisse faite avec ce qu'on appelle ici "goma de tapioca" (fécule de tapioca), un peu plus grande qu'un blini, elle se sert pliée en deux et la traditionnelle est fourrée á la noix de coco ou encore au fromage. A Olinda, plein de petits marchands ambulants en vendent prés des lieux touristiques.

Bon, si voulez la recette en français, je la mets. Le lien, c'est pour la recette en portugais.

Chez Moisés et Maricélia, j'en ai mangé des délicieuses faite maison qu'ivan , leur fils nous présente ici (à voir en images).

samedi 13 décembre 2008

CHURRASCO DE MOISES



La tradition du samedi , faire un churrasco. On est passés au marché acheter la viande et les saucisses et voilà Moises en train d'officier sur son grill de fortune, dans le petit bout de jardin qui est devant leur maison.

vendredi 12 décembre 2008

BOLO DE BANANA DE MARICÉLIA


Allez! une petite recette brésilienne, un gâteau à la banane que Maricélia a fait cet après-midi. Fondant, parfumé , à s'en lécher les babines.



5 bananas
125 gr de margarina
4 ovos
uma tassa e meia de açucar

Botar tudo no liquificador até ficar bem cremoso
Acrescentar 3 xícaras de farinha de trigo, 1 colher de sopa de fermento e 1 colher de café de bicarbonato. Mistura bem para deixar entrar oxígeno.
Colocar para assar no forno (180) + ou - 30 mn


Pas de panique voilà la recette en français.
il nous faut :

5 bananes, 125g de margarine, 4 oeufs, une tasse et demie de sucre, 3 tasses de farine, une cuillerée à soupe de levure et une cuillerée à café de bicarbonate de soude.

Mettre dans le bol de la centrifugeuse les bananes la margarine les oeufs et le sucre et mixer jusqu´à obtenir un mélange crémeux. Ajouter alors la farine, la levure et le bicarbonate et bien mélanger en soulevant la pâte pour l'aérer. Mettre dans un moule à four moyen (180) pendant 30 mn environ, vérifier la cuisson avec la pointe d'un couteau.

RENCONTRE AVEC DEUX CORDELISTAS


RENCONTRE AVEC DEUX CORDELISTAS
DORGE TABOSA

&


JOSÉ ANTONIO

C'est dans son échoppe de chaussures sur le marché de Caruaru que j'ai pu discuter un moment avec Dorge Tabosa, un des 16 cordelistes de l'Academia Caruarense de Literatura de Cordel fondée en 2005 par Genival Vincente. Ses grands-parents qui vivaient dans une ferme à 15 km de Caruaru lui ont transmis ce goût pour le cordel et à l'âge de 10 ans, il a écrit ses premiers cordels , tirant son inspiration du lieu et de sa famille.









Il privilégie comme strophe a sextilha (le sizain) et aime manier l'humour dans ses vers. "Il y a des éléments essentiels dans le cordel, la métrique, les rimes, les vers ..." et il ajoute "pour s'améliorer, c'est nécessaire de métrifier" tout en admettant que "au début, j'ai eu du mal avec la métrique mais j'ai appris." Autre aspect du cordel qui a son importance: la xylogravure sur la couverture. Il prépare en ce moment un cordel "Confraternização na escola" destiné à un public restreint et qu'il veut finir pour la semaine prochaine car c'est pour marquer la fin de l'année scolaire brésilienne pour lui, professeur et les gens qui l'entourent . Il me montre des feuilles de brouillon et me dit qu'il vient d'avancer pas mal dans ses vers. D'après lui, ce n'est pas évident pour un cordeliste de ne vivre que de son art et plus d'un travaille autre part. Mais de toute façon, il n'aimerait pas en faire une profession par peur de perdre l'inspiration et "l'émotion , fondamentale pour moi" . Comme il n'éprouve pas non plus un intérêt spécial à vendre sa production littéraire. Mais cela n'empêche pas qu'il ait vendu en 2007 tous les exemplaires du cordel fait en collaboration avec un ami pour commémorer les 150 ans de la ville.




Ce qui nous amène à discuter des thémes de ses cordels. Les sujets qu'il préfère? D'un côté , les sujets politiques ou historiques, que ce soit d'ici ou d'ailleurs, comme ce fut le cas en 2003 pour son cordel "A guerra de Bush". De l'autre, il avoue un certain sentimentalisme et la famille occupe une grande place dans ses vers. Exemple, un cordel pour les 80 ans de son grand-père qui est la personne qui l'a élevé. A parler de famille, il évoque aussi son frère Val , cordeliste aussi qui , lui , axe ses écrits autour de la vie quotidienne et qui a gagné, il y a peu, un concours, en se classant dans les 3 premiers.




Pour revenir à Dorge, il a fait un livre de 70 poèmes "A poesía tudo día" et le seul endroit dans Caruaru où on peut encore le trouver est le Museu do Cordel, lui-même n'en a conservé aucun exemplaire. Autre publication, faite en collaboration entre autres avec son fils de 12 ans Alisson Tabosa et José Antonio, tous deux cordelistes juniors, "Fabulando em poesia"




Oui, le cordel a de l'avenir, "je crois qu'il va se développer, il fait partie aujourd'hui de l'espace public".




Dans ce sens la mairie de Caruaru a mis en marche en 2005 un projet pilote de cordel dans les écoles "Cordel nas escolas-trabalhando a historicidade de Caruaru". L'objectif était de motiver l'intérêt des élèves pour le cordel et pour leur ville. L'année derniére 9 écoles y ont participé, Dorge étant de ceux qui se sont impliqués. Ce qui a donné de trés bons résultats et à partir de 2009, le projet va être implanté dans d'autres villes du Nordeste, comme João Pessoa ou Olinda.



Et Dorge a été trés content de voir qu'il a pu ainsi contribuer à la conservation du Cordel.





Francophones, vous pouvez sauter le passage, c'est une traduc en portugais.




Agora vai ser em português para que Dorge e os amigos brasileiros possam ler isso.



DORGE TABOSA
Foi na sua loja de sapatos da feira de Caruaru que conversei com Dorge Tabosa, um dos 16 cordelistas da Academia Caruarense de Literatura de Cordel fundada em 2005 por Genival Vincente.Foram principalmente os avôs que influenciaram a vocação dele, moravam num sítio a 15 km de Caruaru. Aos 10 anos, começou a escrver os seus primeiros cordeís, tirando inspiração de sua família e do lugar.




Gosta de escrever com humor e o tipo de estrofa que usa é a sextilha que considera como a estrofa por excelência do cordel. "Tem 3 elementos essenciais no cordel, a métrica, as rimas e a oração " e reconhece "para melhorar o cordel é preciso metrificar, tive dificuldades no começo mas aprendi. Também a marca do cordel é a xilogravura."




Atualmente está preparando "Confraternização na escola" que quer acabar na semana que vém, gosta de comemorar dessa maneira um momento específico, o fim do ano escolar para um público restrito.




Segundo ele, é dificil para o cordelista viver só de sua arte, precisa ter outra renda mas de qualquer jeito, Dorge não gostaria de fazer do cordel a sua profissão, por comportar isso o risco de perder a inspiração e "a emoção, fundamental para mim".Também não tem interessse especial para vender sua produção literária. Mas do cordel que fez , em 2007, em parceria com outro para o aniversário dos 150 anos da cidade, venderam todos os exemplares. Os temas que prefere são por um lado os políticos e históricos, sejam regionais, nacionais ou internacionais. assim escreveu o cordel em 2003 "A guerra de Bush". Pelo outro lado, a família ocupa grande espaço nos seus cordeís. Fez uma poesía para os 80 anos de seu avô, que foi a pessoa que o criou. Na família, o irmâo tambem escreve cordeís , sobre tudo da vida cotiadiana e há pouco, ganhou um concurso .



Entre as obras de Dorge, tem um livro de 70 poemas "A poesía tudo día" que atualmente só se pode achar no museu do cordel, nem ele tem um exemplar em casa. Outro livro feito em colaboração com o filho dele, Alisson e José Antonio, outro cordelista mirim, entre outros foi "Fabulando poesía". Ele acha que o cordel tem futuro " Acredito que vai crescer. Hoje está na rede pública...". Nessa óptica, a prefeitura de Caruaru desenvolviu em 2005 um projeto piloto nas escolas. Em 2007 , 9 escolas particparam da iniciativa "Cordel nas escolas-trabalhando a historicidade de Caruaru" e Dorge faz parte dos que impulsaram a ideia. O objetivo era motivar o interesse dos alunos pelo cordel falando da cidade. Deu ótimos resultados e a partir de 2009, será implantado noutras cidades, por exemplo João Pessao , Olinda.... E Dorge fica muito satisfeito pensando que assim pode contribuir para a conservaçâo do cordel.





Dorge, se tem erros ou coisas que retificar, deixa comentário para mim, tá bom? para eu poder corregir.





JOSÉ ANTONIO




Au moment où je vais prendre congé de Dorge, entre José Antonio ( Espingarda de cordel) lui, il a commencé à écrire à 12 ans et il se souvient encore du premier cordel qu'il a fait sur le sertão et la vie quotidienne du sertanejo. Le sertão, zone semi aride du Nordeste, terre de Lampião et où je compte bien aller malgré la chaleur qu'il peut y faire. Ce cordel lui avait été inspiré par un voyage qu'il venait d'y faire. A part ça, ses thèmes préférés sont le quotidien et la politique qu'il aime traiter soit sur un mode humoristique soit d'un point de vue critique. Actuellement il est en train d'écrire un folheto sur le Nordeste.

Avec le projet de cordel dans les écoles, il dit qu'il a perfectionné son écriture. En mai 2008, il a été élu Acadêmico mirim , académicien junior avec la dénomination Espingarda do cordel / fusil du cordel ainsi que 3 autres candidats, Alisson Tabosa (12 ans) fils de Dorge, Vassula Hermelinda (12 ans) déclamatrice et Pedro Soares (9 ans) parmi 30 candidats qui avaient écrit sur la foire de Caruaru. Ils ont été sélectionnés en fonction de leur travail scolaire de leur comportement à l'école et de la qualité de leur travail sur la ville .

José se démarque en deux points de Dorge, lui il aimerait devenir professionnel et vivre de son art; il trouve d'ailleurs que la littérature de cordel se porte bien: "Elle est en train de récupérer la vigueur qu'elle avait avant."Quant à la métrique, s'il écrit souvent en sizains, utiliser d'autres types de strophes ne le gêne guère. Et il me parle aussi de la xylogravure , une part toute aussi importante de la littérature de cordel mais dit-il, "Je préfére commencer par le texte et après vient le dessin et je fais la couverture".

Dans le livre mentionné avant, "Fabulando em poesia", il a publié "A morte e o lenhador" (La mort et le bûcheron). Il m'assure qu'en cherchant bien , on peut trouver ses cordels dans la ville.

Ça me donnera une occasion d'y revenir vu que j'aimerais rencontrer aussi Mestre Dila, un xylograveur d'ici.




JOSÉ ANTONIO
No momento de concluir com Dorge, chega José Antonio (Espingarda de cordel) . Começou a escrever aos 12 anos e lembra que o primeiro cordel que fez era sobre o sertão e a vida cotidiana do sertanejo. Porque? A fonte de inspiração foi uma viagem que acabava de fazer com a família.

Pode escrever sobre vários temas , os preferidos são a política e o cotidiano que trata duma forma crítica ou humorística. Está escrevendo agora um cordel sobre o Nordeste.

Com o projeto do cordel nas aulas, ele acha que melhorou o estilo e a poesía de seus cordeís. Faz parte da Acadêmia Mirim, foi eleito em maio de 2008, com denominação Espingarda do cordel com 3 outros candidatos Alisson Tabosa (12 ans) filho de Dorge, Vassula Hermelinda (12 anos) declamadora et Pedro Soares (9 anos) entre 30 candidatos que escreveram sobre a feira de Caruaru . Foram selecionados pela calidade dos trabalhos que fizeram sobre a cidade , pelo seu comportamento exemplar na escola e os bons resultados escolares.

Tem duas coisas que marcam a diferença entre ele e Dorge, José gostaria muito de ser cordelista professional e poder viver disso e por outro lado , se escreve muitas vezes em sextilhas , não tem problema para usar outro tipo de estrofa, seja quadra, décima o de 7 linhas. Acha que "a literatura de cordel está recuperando a força que tinha antes. A xilogravura também é parte importante do cordel . " E acrescenta: "Mas sempre vou começar pela poesía e depois vem a inspiração para o desenho e faço a capa."

No livro mencionado por Dorge, "Fabulando em poesia", José publicou "A morte e o lenhador" . Não tem um cordel seu para me mostrar mas "com certeza você acha alguns na cidade"

Hoje , não vou poder procurar os cordeís dos que falava José, vou embora mas isso vai me dar ocasião de voltar a Caruaru algum día.

jeudi 11 décembre 2008

ALTO DO MOURA

Marliete et sa miniature

maison de
Mestre Vitalino










MESTRE VITALINO
Une des gloires locales c'est Mestre Vitalino, un homme considéré comme la principale figure de l'art populaire d'ici pour ses personnages de céramique, c'est lui qui a créé le style et a fait de nombreux disciples. Il habitait à Alto do Moura à quelques km de Caruaru dans une maison en bois toute simple dont on a fait son musée . Les pièces sont petites, dans l'une la malle qui contenait ses effets, dans l'autre juste la place pour le lit rouge, dans l'entrée l'on peut voir ses outils et un petit vaisselier est adossé au mur à côté de la cuisine, dehors le four. La création des figurines est assurée maintenant par son fils qui, aujourd'hui, va faire 3 pièces qu'il vend lui-même. Il est assis par terre dans l'entrée en train de modeler l'une d'elles.
Quelques lignes d'un poème de Rafael dos Santos Barros qu'il a dédié á son père
De Vitalino, les mains étaient des mains saintes
Qui modelèrent en terre les Nordestins
Et transmirent leur douleur et leurs folies
Aux figurines de terre, tant de fois, tant!
....
Il insuffla la vie aux figurines muettes
qui, sans dire mot, disait tout
des Nordestins, de leurs destins
ALTO DO MOURA
Tout le village est peuplé d'artisans et de boutiques qui vendent leurs oeuvres. J'ai rencontré juste après une femme, Marliete qui , elle, fait beaucoup de pièces miniature (voir photos).
Autre exemple, un céramiste, Luis Antonio, casquette et petite moustache taillée droite. Il a été le représentant de l'art populaire brésilien en 1986 lors d'un voyage au Japon de 46 jours parrainé para l'Unesco. Il existe ici une Association des Artisans-Céramistes qui en regroupe 300, son but est de défendre la profession et avoir une certaine représentavité sur le plan régional et national, elle a organisé 2 ans de suite un concours "Boneco de barro" (figurine en terre) mais n'a pas renouvelé l'expérience en 2008, la jeune fille qui me renseigne ne sait pas pourquoi.

CARUARU

CARUARU

Ville de l'intérieur du Pernambouc, à 135 km de Recife dans la zone que l'on appelle agreste ici mais ce n'est pas pour ça qu'il y fait moins chaud. Elle est connue pour son marché , le plus grand de l'état, trés animé les mardi et samedi car il y a de tout, bétail, alimentation, fringues, chaussures, fleurs et artisanat et ce qui ne saurait manquer, beaucoup de livrets de littérature de cordel, on peut y voir aussi des repentistas qui font des joutes oratoires en improvisant sur n'importe quel théme mais ça je ne l'ai pas encore vu, ça fait juste deux jours que je suis là.

Une des gloires de la ville, c'est Luis Gonzaga, le roi du forró, une musique bien d'ici, il a droit à cette statue ( oeuvre du sculpteur J. Caxiado); la gare routiére porte aussi son nom et à sa mort en 1989 le musée du forró est devenu musée Luis Gonzaga mais pas de pot, il est en fin de restauration et il ne rouvrira que la semaine prochaine. Comme aussi , dans le même bâtiment le musée de la céramique et l'espace Elba Ramalho , une chanteuse-actrice nordestine très appréciée ici.
Le point pour se repérer dans la ville c'est le morro Bom Jesus, que beaucoup ici appellent Cuscuz, mais rien à voir avec le couscous maure, le cuscuz est ici un plat de semoule de tapioca. Tout en haut de cette colline, la petite église de Sainte Lucie à laquelle on arrive au bout de 365 marches, on va être réveillé à 5 heures du mat, par les pétards de la Sainte Lucie le dimanche
matin.

mardi 9 décembre 2008

PANELA DE IEMANJÁ

Posted by Picasa La première partie de la fête a eu lieu dans le local de l'umbanda du quartier d'Arruda où le babalaorixá à qui j'ai été présentée par Carmen me permet de faire des photos et va même au début de la cérémonie signaler ma présence et m'accueillir officiellement dans les lieux. Je ne suis pas la seule à en faire et on peut donc envahir l'espace normalement réservé aux initiés mais pas tout le temps , plus tard, lors de la priére à Xangô, il va nous demander à tous de nous retirer. La fin de la cérémonie va avoir lieu sur la plage où on va aller offrir les fleurs et la corbeille de fleurs (a panela) à Iemanjá . Bleues et blanches, les fleurs car ce sont les couleurs de la déesse mère de tous les orixás (divinités dans le syncrétisme religieux du Brésil). Iemanjá correspond à Nossa Senhora da Conceiçaõ, (Notre Dame de la Conception) dans la religion catholique fêtée le 8 décembre mais le candomblé et l'umbanda se démarquent et la fêtent la veille. Bref, on prend place, qui dans les cars, qui dans les voitures ornées de rubans bleus et blancs et on descend vers la plage de Boa Viagem. Là, les musiciens prennent place devant le tapis bleu frangé étendu sur le sol (voir photo) et on chante de nouveau. La corbeille va être apportée jusqu'à la jangada (barque typique d'ici). Auparavant l'assistant du babalaorixá a ramassé tous les bouquets de fleurs des assistants . Le babalorixá asperge tout le monde d'eau parfumée puis il va se diriger vers la barque qui attend sur le rivage avec la porteuse de corbeille. La barque se couvre de fleurs, petit incident une bahianaise tombe à l'eau en voulant y mettre elle-même son bouquet. C'est un moment de grande émotion, nous sommes tous massés sur le bord à assister au départ, la jangada s'éloigne avec les fleurs, le babalaorixá et le rameur, balloté par les flots, la lune en est à son deuxième quartier, arrivés au large, ils jettent les fleurs à la reine des mers puis reviennent vers nous, autre aspersion , cette fois-ci de cidre pour fêter l'événement, face à la mer nous reculons peu à peu.
Carmen m'avait expliqué qu'on apportait aussi des bougies que l'on rompait en 3 morceaux avant de les lancer à la mer , je n'y ai pas prêté attention, prise par cette ferveur muette qui se dégageait des gens.

dimanche 7 décembre 2008

FESTA DE IEMANJÁ


Deux envies m'ont fait choisir mes dates de mise en disponibilité, la première c'était de pouvoir assister à la cérémonie en honneur de Iemanjá, la déesse de la mer dans les cultes afro-brésiliens le 8 décembre et la deuxième voir le Carnaval de Recife à la fin du voyage. De la première, quelques photos... qui ne sont pas dans l'ordre



























samedi 6 décembre 2008

FRANCISCO BRENNAND

Francisco Brennand, peintre céramiste

Aller jusqu'à la oficina Brennand c'est sortir de la ville sans en sortir. Aprés avoir perdu de vue la densité du centre, il faut rouler un bon moment avant de s'engager sur un chemin de terre bordé d'arbres et de bambous qui sinue sur quelques kilométres jusqu'à arriver aux portes de ce vaste espace culturel installé dans une ancienne briqueterie, elle trône au milieu des jardins, partout dehors et dedans une profusion de sculptures en terre qui combinent les rondeurs et les éléments phalliques, tout un monde fantasmagorique qui recrée l´humain et l'animal parfois avec une empreinte sensuelle, parfois avec une teinte onirique, le monde de Francisco Brennand, le céramiste le plus célèbre du Brésil.
Il peint aussi et j'ai la surprise de découvrir ses toiles , les plus récentes représentant surtout des ados filles avec ce côté troublant d'une sexualité en éclosion et quelques femmes mais l'art est ici figuratif et ne rappelle en rien ces bustes de femmes perchées sur de longues colonnes et semblant crier vers le ciel dans le Parc de sculptures du port de Recife. J'accroche bien à l'oeuvre avec quelques coups de coeur pour certains tableaux et piéces.
Pour se faire une petite idée, deux liens, l'un vers le site de l'atelier en portugais et l'autre vers un article paru dans la Dépêche du Midi.

vendredi 5 décembre 2008

SUR LES TRACES DE LA LITERATURA DE CORDEL

SUR LES TRACES DE LA LITERATURA DE CORDEL

Depuis une semaine que je suis là, j'ai commencé à glaner des infos sur le sujet. Premiére visite pour la Casa de Cultura, juste en face de la gare de Recife, au bord du rio Capibaribe. C'est une ancienne prison tranformée en centre d'artisanat, pour mémoire on a conservé dans une des ailes du bâtiment une cellule dans l'état. Quelques panneaux de littérature de cordel, dans les boutiques de souvenirs en général c'est monographique, on vend un seul auteur. Pas de pot , le seul libraire ici est parti faire un tour, quand il revient, c'est pour me rendre compte que ce n'est pas un passionné du genre mais par contre il est assez bien achalandé et il a aussi des livrets d'une allure plus moderne, plus grands et couleurs sur la couverture, pas de xilogravure, selon lui la nouvelle génération, je suis preneuse...
En voilà un


C'est Lampião encore et toujours. Bon à vrai dire je ne l'ai pas choisi au pif.
Autre boutique qu'on m'indique , celle d'un xilograveur qui ne fait que les couvertures des folhetos mais le tonton lui, est un des grands du genre, J.Borges. Il a un atelier à Bezerros, ville de l'íntérieur , l'homme est joignable, ça fera partie de mon itinéraire jusqu'à Caruaru la semaine prochaine.

Autre lieu de vente dans le centre de Recife, le marché São Josê, beaucoup plus en synchronie avec le cordel, c'est vivant, on vend des fleurs et des herbes sur le côté, de la bidoche dans l'allée centrale et puis après les paniers et produits d'entretien, on trouve les échoppes de souvenirs beaucoup plus bric à brac qu'à la Casa de Cultura, au milieu de tout ça pour la première fois un nom féminin , Ana Raquel Campos avec du cordel pour les enfants. J'ai failli le mettre en photo , il y a eu un courant d'air dans la maison et le livret vient de s'envoler par la fenêtre, littérature de colportage comme qui dirait!
Ça semble assez facile de se procurer des livrets, plusieurs personnes m'ont dit au cours de la semaine qu'elles connaissaient des cordelistes, et puis il y a l'União dos cordelistas do Pernambuco, ça s'annonce plutôt bien.
Mais dans la série "J'ai raté", à dix jours prés, le 19 novembre, le Dia estadual do cordelista a bien du donner lieu à quelques manifestations ça et là.

mercredi 3 décembre 2008

GUERRE ET PAIX

Dimanche matin, des clowns qui font une campagne de prévention routière auprès des piétons distribuent par la même occasion des flyer sur une caminhada pela paz (marche pour la paix)prévue à 4 heures de l'aprèm, point de départ le deuxième jardin de l'avenue qui longe la mer. Curiosité me prend. Première surprise, la marche n'en est pas une , c'est du surplace, personne ne fait mine de bouger, les 2 heures que j'y passe. Autre surprise, la variété des participants et des slogans: ça va des gens de l'assoc Pro jovem, programme d'insertion pour les jeunes qui n'ont pas achevé leur scolarité et qui défendent "conhecimento e oportunidade para todos", "la connaissance et égalité des chances pour tous" à des tas de gens avec des tee-shirt por um Brasil sem armas, por um Brasil sem abortos, pour un Brésil sans armes pour un Brésil sans avortements. Qui est derrière ce slogan ? Pas moyen de le savoir! Les croix blanches que certains, 4000 selon les journaux, brandissent sont là pour rappeler le nombre d'homicides dans l'état du Pernambouc. Bref, j'appprends que l'objectif de la marche c'est d'encourager la campagne de désarmement au Brésil et lutter pour la réduction de la violence et du nombre d'assassinats. De nombreux parents et amis de victimes de cette violence sont venus. Il y a aussi des étudiants installés à une petite table, d'une université privée, la Nassau qui prennent la tension et vaccinent. Un bus rouge à étage de la mairie de Recife, orné d'une frise de feuilles vertes dans le bas est stationné là , sur la plateforme en hauteur interviennent plusieurs politiques pour laisser ensuite la place à des musicos. Et puis aussi la police militaire travaille dans les rues pour la paix, ça, c'est quelque chose! A policia militar a lavé son image, ravalement de façade, changement d'image après toutes les disparitions dont elle a été responsable sous la dictature, non?
Petit aperçu d'un des problèmes de la société brésilienne.

Au retour par la plage, le soir tombe, va et vient des chariots où s'entassent les fauteuils pliants de plage qu'on va remiser pour la nuit quelque part dans le coin, une chose qui n'est pas sans me rappeler le marché Sant Antoni à Barna où, dès 9 heures du soir, on range les vêtements en vente pendant la journée sur des chariots de transport en bois qui disparaissent dans des petits locaux des rues avoisinantes.

mardi 2 décembre 2008

CLIN D´OEIL

Arrivée à Recife dans l'après-midi de vendredi, il fait une chaleur terrible ... Il est 10 heures du soir, devant un suco de cupuaçu au bar du Burburinho, dans une rue piétonne investie par les terrasses des cafés dans le quartier de São José, dans la nuit surgit un vieil homme coiffé d'un chapeau de cangaceiro, il vend de la literatura de cordel de bar en bar.

jeudi 27 novembre 2008

On y est presque.
Il fait 9º aujourd'hui à Barna. Demain c'est l'été. Saut de saison!

mercredi 19 novembre 2008

Ça se rapproche , le jour J.
La lettre modèle a servi, on ne sait jamais ce qui peut arriver à une douane! Alors je viens d'en recevoir une de lettre m'invitant à Recife et dûment tamponnée par une autorité brésilienne, c'est quelque chose!
Quant à la literatura de cordel, pourquoi en parler? Autour de cette envie d'en savoir plus sur le sujet, a germé cette idée d'un séjour de 3 mois dans le Nordeste, aller voir par moi-même où en est cette tradition. A naviguer sur la Toile, on reçoit un fatras d'impressions en tous genres, des sites il y en a... Des articles aussi, entre ceux qui la considèrent moribonde et d'autres qui lui donnent encore de longues années d'existence. Bref, autant se payer le voyage et aller à la source.

dimanche 16 novembre 2008

quelques mots sur la literatura de cordel
il y a des années, quand je suis passée pour la première fois au Mercado Modelo de Salvador de Bahia, j'ai été très intriguée par des petites échoppes tout autour dont la plupart étaient fermées certes mais les 2 ou 3 ouvertes affichaient des tas de petits livrets très minces, à cheval sur des cordes ou épinglés. Sur la couverture , le plus souvent un dessin en xylogravure pour illustrer l'histoire mise en vers: que ce soit celle des héros mythiques du Nordeste tels les cangaceiros ou simple histoire amour ou encore fait d'actualité , les thèmes sont variés.
Mon premier contact avec la literatura de cordel... à l'origine, une tradition orale populaire existant dans tout le Nordeste du Brésil permettant entre autre de colporter les nouvelles , elle a commencé à être transcrite dès la création des premières imprimeries autorisées au Brésil (fin 18º siècle). Une auteure brésilienne, Silvia Rodrigues Coimbra a qualifié cette tradition de "système de journalisme paysan qui fonctionnait comme mode de diversion et véhicule d’annonce de la mort de personnages historiques». Ce qui fut le cas pour Getúlio Vargas, président populiste du Brésil qui se suicida en 1954 et dont la vie mais surtout la mort inspirèrent de nombreux cordelistes et donnèrent lieu à un tirage impressionnant de livrets. Mais aussi et surtout il faut parler de Lampião, le plus célèbre cangaceiro du Nordeste, héros légendaire dont les faits et gestes ont fourni matière à plus d'un auteur de cordel. J'aurai sans doute l'occasion d'y revenir dans ce blog.



jeudi 13 novembre 2008

Je vous en remets une louche

Il y a quelques jours, toute aux préparatifs de départ, j'ai dans l'idée de passer par le consulat brésilien de Barcelone. Mal m'en prend! A l'accueil, un type me confirme qu'il faut un passeport en régle encore valable plus de 6 mois après la date d'entrée et un billet aller et retour, ça je savais mais il en rajoute une louche aussi, il me faudrait un extrait bancaire, une réservation d'hôtel et de séjour ou une lettre d'invitation officielle et (tenez-vous bien!) justifier que je dispose de 300 dollars par jour sur place. Mazette! Je le regarde assez éberluée mais il insiste, cela fait partie des nouvelles formalités. C'est du lard ou du cochon? Je fais maintes recherches sur les diverses représentations diplomatiques du Brésil sur la Toile mais aucune trace de cette nouveauté. Alors que croire? J'en suis un peu ébranlée, je ne voudrais pas me faire refouler bêtement à l'entrée dans le pays.
En consultant un ami, j'apprends qu'il a eu droit au même discours et qu'il en a fait cas mais pour des prunes, personne ne lui a jamais rien demandé à l'arrivée et il me remet un modèle de lettre d'invitation.